Comme j'ai inscrit dans le post précédent, j'ai trouvé un petit ONG avec qui je vais travailler pour les deux prochains mois.
Cet ONG se nomme Force Humanitaire de Lutte contre la Pauvreté (FHLP). Ils ont, surprise, comme principale mission de lutter contre la pauvreté !
Pour l'instant, ils ne semblent pas avoir de spécialisation particulière, ils veulent construire des bibliothèques, des écoles, des pharmacies, des radios, ils veulent accueillir des volontaires pour enseigner, divertir les enfants malades, construire des infrastructures. Ils ont aussi décidé d'organiser la journée internationale de lutte contre la misère dans la capitale, Lomé. Personne ne le faisait, donc pourquoi pas eux ? Donc à part ce projet (dont je ne serais pas très surpris de voir aborder bientôt… c'est dans deux semaines et on n'a pas encore terminé de distribuer les demandes de financement !) je travaille à bâtir le projet d'une bibliothèque au village d'Akoumape et d'une pharmacie dans un autre village et les demandes de financement qui vont avec. En parallèle, je dois aussi faire des demandes de financement pour d'autres activités mineures, comme un atelier de prévention du VIH/Sida et un atelier pour divertir les enfants malades à Lomé à Noël. Les deux derniers ateliers étant conditionnels à ce qu'il y ait des volontaires internationaux, je crois que je vais travailler dans le vide, mais ne sait-on jamais ?
Côté moyen financier, c'est assez maigre… Tout vient de leurs poches quand ils sont capables, et ils vont commencer à charger les volontaires qui viennent faire des « chantiers » pour couvrir certains frais. Ça reste un montant minime, en général 180 euros pour trois semaines, incluant le logement, la nourriture, les transports et les coûts des projets… Ce qui reste ira à l'organisme… Comme il est obligatoire d'avoir un local pour être reconnu par le gouvernement, ils ont un local pas plus gros que 4 mètres par 5 mètres… Il y a mon poste de travail, et le bureau du Président ou du chargé de projet, dépendament de qui est avec moi. Un ventilateur, des étagères vides et des chaises de plastique viennent compléter le tableau. Pas d'Internet, pas de décoration, un petit radio-réveil en guise d'horloge et de système de son !
Pour les membres, il y a le Président : Messan. C'est lui qui m'a « recruté ». Il est gérant au café Internet où je suis atterri la première journée. Il est vraiment tout plein de bonnes volontés. Aussi, il se prend un peu au sérieux , mais ça, ça semble vraiment être un trait Africain. Tout est fait de façon très formelle ici, ils apposent le sceau de l'association partout, on me vouvoie malgré mes appels incessants au tutoiement. Mais surtout, Messan est rempli d'un optimisme qui me déstabilise encore. On est à deux semaines de la journée internationale de lutte contre la misère (le 17 octobre, mais on va faire la journée le samedi suivant, soit le 20) et la moindre bonne nouvelle le réjoui un peu trop.
Il y a ensuite le Chargé de projets, Frank. Il a étudié en… gestion de projets à Accra au Ghana dans une école britannique. De son propre aveu, ce n'est pas sa branche, son truc ce sont les télécommunications, mais il s'était trouvé un emploi qui lui a payé une partie de ses études. Ici, on ne crache pas là-dessus… Probablement le plus occidental de tous, il arrive relativement à l'heure aux rendez-vous (moins de trente minutes de retard…), il mène plusieurs projets de front, travaille du matin jusqu'au soir, et écrit de façon beaucoup moins naïve que les autres. Parce que ici, ils ont des tournures de phrase qui me font sourire à chaque fois. Et comme on met toujours beaucoup d'optimisme dans les lettres que l'on écrit par rapport aux résultats escomptés, l'écriture des lettres s'en ressent. Aussi, exemple assez frappant, quand on veut mettre de l'emphase sur un mot, on met une majuscule… Par exemple, la description de leur organisme commence par : « Bonjour à Tous et à Toutes, nous sommes une Association de Jeunes, d'Artistes, de… ». Au début, je tentais de les corriger, car après tout c'est une faute de mettre une majuscule où l'on ne doit pas, puis je me suis dit que le texte perdait beaucoup de son charme, et de son origine, sans ces majuscules…
Revenons à Frank. C'est donc avec lui que je passe la majorité de mon temps, car c'est le seul qui travaille avec son propre horaire, donc qui peut l'adapter au mien, et aussi parce quil a l'air de savoir où l'on s'en va. Par contre, c'est aussi le seul qui a les documents, donc quand il n'est pas là, je suis au bureau et je tourne en rond.
Puis il y a Olivier, l'autre gérant du café Internet. C'est le danseur né, le beau gars, celui qui est toujours de party… et aussi le trésorier, mais bon, il n'y a pas beaucoup d'argent à gérer, donc pas trop de responsabilités… En attendant, il a appliqué à l'ITHQ en hôtellerie. Je lui ai promis de lui faire goûter à de la poutine et j'essaye de lui montrer comment se trouver une job...
Il y a les deux secrétaires du café Internet qui font parti de FHLP, dont une a nouvellement été appointée secrétaire de l'association, malgré elle… Il y a aussi Têtê qui est le militant politique et qui vient me piquer des jasette quand je suis seul au bureau. Il y a aussi une autre fille dont je ne me souviens pas du nom, qui vient faire son tour au café Internet et au bureau, et un gérant d'un autre café (temporairement parait-il, car il était gérant du même café que les autres, mais il est parti en mission de redressement dans le nouveau café qui n'était pas rentable…) dont je ne sais pas non plus le nom mais qui aime autant danser que Olivier, bien qu'il soit moins un danseur né.
Donc voilà, vous pouvez aller visiter le site Internet pour en savoir plus au www.fhlptogo.ht.st Je sais que certains d'entre vous ont de la difficulté à s'y rendre car il y a une redirection automatique. Voici donc la vraie adresse du site : http://seprofest.africacomputing.org/site_fhlptg/site/index_058.htm
1 commentaire:
Comment ça j'aime me faire appeler M. le Président??
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