mercredi 20 août 2008

La force de l'Allemagne

Sur notre chemin vers Livingston, nous avons eu à parcourir notre première vraie longue distance : 195 km! En plus, le terrain était relativement valloneux, sans être montagneux.
 
Depuis Lusaka, soit les deux jours précédents, Germany (Alex) faisait la course. Ayant un vélo de montagne avec pleine suspension, c'était sa dernière chance de faire de bons temps, puisque on nous annonçait que le reste du tour allait être très plat. Un vélo de montagne est un réel handicap sur des routes asphaltées, mais dans des rollers (vallons), la différence dû au vélo est beaucoup moins grande que sur le plat. De plus, Germany est un grimpeur, ce qui veut dire qu'il est capable de beaucoup de puissance dans les montées, mais qui a plus de difficulté à tenir le rythme à une vitesse élevée et steady pendant un long moment (je suis tout le contraire).
 
Il a donc fait la course pendant les deux premiers jours de cette section et il a fait de très bons temps, en finissant dans le top 5 les deux fois je crois. Cependant, il s'est TROP donné dans ces deux premiers jours, ce qui fait qu'il a été malade la 2e nuit et s'est levé blanc comme un drap le 3e jour, le jour du 195km. Germany et George étaient les deux derniers de notre groupe de neuf à être encore EFI et à avoir fait tout le trajet depuis le début. La course s'était bien, mais le EFI était plus important, donc Germany est revenu avec nous et notre rythme plus décent (30-32km/h de moyenne).
 
De notre côté, nous nous sommes tous rendus compte qu'en fait, 195km, c'est comme 100km ou 150km, c'est juste plus long, plus longtemps... Joya s'est même payée un sprint d'une dizaine de kilomètres à la fin de la journée! Du côté de Germany, il s'est placé à l'arrière de notre groupe et s'est fait couper le vent pas mal tout le long en faisant des shifts à l'avant plus court que la normale. Il ne parlait pas et regardait la roue en avant de lui. Pour quelqu'un en forme, ca représentait un long 195km de promenade à vélo avec un mal de cul à la fin, pour quelqu'un malade et affaibli physiquement, cela relevait de l'exploit!
 
J'ai été malade en Éthiopie et au Malawi, sur des distances relativement courtes quoique plus montagneuses. Mais faire 195 km de rollers, ça prenait toute une force de caractère. Il a même refusé que l'on monte sa tente pour lui. Chapeau Germany, ce n'est vraiment pas tout le monde qui aurait pu faire cela!

vendredi 15 août 2008

Ça va dont ben mal sur la rue principale, depuis qu'ils ont construit...

Le chemin entre Lilongwe et Lusaka était des plus inintéressants. Rien à signaler. Tout au plus un campement très agréable mais hors de prix. À titre d'exemple, le propriétaire (complètement ivre) chargeait 4$ pour une bière. Cela représente un profit de près de 1 000%... C'est dans ces moments que les bouteilles de gin que l'on trainait avec nous se révélaient utiles!

En fait, Lusaka s'est avérée être une ville dont nous n'avons pas vu grand chose non plus. Il n'y avait rien de bien significatif à faire dans la ville, c'est une capitale comme les autres. Cependant, c'était le début de nos journées passées dans les diaboliques centre d'achats.
 
Le campement était loin du centre-ville, à un bon 45 minutes de transport en commun. À mi-chemin, soit à environ 30-40 minutes de marche, il y avait le premier gros centre d'achat de notre voyage qui puisse se comparer avec les centres d'achats occidentaux. Il y avait de tout, des cafés français ou italiens, des banques, des épiceries, des magasins de vêtements ou d'électronique, des librairies, des restaurants chic et un food court avec Subway et autres imitations de PFK. Mais dans ce centre d'achat, il y avait surtout un cinéma!!
 
Sur les cinq films en projection, je suis allé en voir quatre! Incluant Rambo 4... Il faut dire que j'avais besoin de me changer les idées après avoir reçu une nouvelle par email qui ne me déprimait un peu. Je me suis donc gavé de film, après une disette de 4-5 mois (il y avait un cinéma à Lomé), et de succulent milkshakes au chocolat!
 
Tout le reste du voyage, une bonne partie de nos jours de repos ont été passée dans les centres d'achats. Je me suis souvent senti coupable de cette situation qui nous éloignait du centre-ville ou encore des petites ruelles intéressantes où tout se passe vraiment. D'un autre côté j'ai réussi à surpasser ce sentiment de culpabilité en raisonnant que j'avais déjà vu beaucoup de ces ruelles et de ces centre-villes. Aussi, je m'en serais voulu plus si ça s'était produit en Afrique de l'Ouest, mais nous étions en Afrique Australe, région qui ne m'a jamais attirée particulièrement (peut-être justement parce qu'il est possible d'y trouver des centres d'achats!?!). De plus, quoi qu'on en dise, c'était réellement pratique, tout étant à la même place, des banques aux meilleurs croissants en ville. Enfin, je me disais que cela constituait probablement une transition intéressante pour le retour à la réalité qui approchait à très très grand pas. Nous étions à moins d'un mois du retour et je crois avec le recul que ce fut probablement une bonne chose pour ma réadaptation à Montréal de consommer des produits occidentaux en payant des prix occidentaux. J'ai réussi à passer beaucoup de manques que je trainais depuis longtemps (rage de films, de bouffe...).
 
Tout ça pour dire, qu'à Lusaka, on ne s'est même pas rendu au 2e centre d'achat, qui était un ou deux kilomètres plus loin sur le chemin du centre-ville!!

mardi 12 août 2008

Un dimanche ensoleillé dans Lilongwe

Le chemin entre Chitimba et Lilongwe a été marqué pour moi par une pénible progression hors de la maladie et de la fatigue qui s'en suit inévitablement. George avait plus à se plaindre, ayant été malade beaucoup plus longtemps que moi. Malgré tout, nous avons passé le plus clair de ces quatre ou cinq jours ensemble à avancer péniblement, avec Veggie qui tentait de prendre soin de nous et qui essayait de nous faire sourire le plus possible...

La pluie ajouta à notre calvaire. Nous attendions la pluie pour le début de la Tanzanie, nous l'avons eu dans le milieu du Malawi. Tous les jours nous avions invariablement quelques heures de pluie rafraichissante (ok, pas mal frette) pour nous tenir compagnie. Par un agréable hasard, je n'ai jamais eu à monter ma tente alors qu'il pleuvait réellement. Parfois des goutlettes, jamais bien plus. Nous avons donc eu de la pluie tous les jours entre Chitimba et Lilongwe. Sauf un!

Le jour où nous sommes arrivés dans Lilongwe fut parfait. Je me sentais de retour en forme et le soleil était au rendez-vous. Comme nous avions une distance relativement courte (131 km) et pas trop de montée (908m, en cumulé), nous avions décidé de tenter de se rendre au camp le plus rapidement possible, et du même coup permettre à Joya de battre Deb (qui sont les deux seules "racers" féminines, et comme Deb se prenait un peu trop au sérieux...). J'ai donc aidé le groupe à couper le vent à Joya et il faut croire que j'ai pris une ou deux oranges de trop au lunch car ils ne m'ont pas attendu. J'ai donc fini la journée avec Mark qui s'était fait distancer lui aussi (il suffit de quelques secondes de retard pour ne plus être en mesure de rejoindre un groupe qui travaille ensemble. En fait, c'est assez facile de perdre un groupe qui avance sérieusement lors de la rotation, si on ne réintègre pas bien la ligne à l'arrière, puisque tout le monde va vite pour cause de moins-de-vent et que la personne qui fait la rotation est fatiguée car elle "tirait" les autres juste avant...).

Lors de notre entrée dans Lilongwe, nous n'avions pas de convoit, donc nous avons du manoeuvrer dans le traffic qui était vraiment très relaxe pour une ville africain. Je dois dire que j'aime bien le "urban riding". Avoir tous ses sens en alerte et devoir composer avec tous les éléments qui arrivent de partout était très excitant, surtout après plusieurs semaines à aller en ligne droite en croisant 5 voitures par jour... les notres de surcoit. Ceux qui sont allés en Afrique me croiront peut-être fou d'avoir zigzaguer à 40km/h entre des voitures dans une ville que je ne connaissais absolument pas. Les chauffeurs africains n'ont pas la meilleure réputation sur Terre.

En fait, je dois me déclarer en complet désaccord avec cette réputation. Non, les chauffeurs africains ne suivent pas les signes de circulation, lorsqu'il y en a. Non, les chauffeurs africains ne respectent pas les codes de la route que nous prenons pour acquis. Mais non, les chauffeurs africains ne font pas plus d'accident que les chauffeurs occidentaux. Actuellement, en un an en Afrique, je n'ai vu aucun accident (si on exclut les deux motos que j'ai vu perdre le contrôle... avec moi comme passager!!).

Justement, le fait que les signes de la circulation ne sont suivis par personne me fait croire qu'ils conduisent mieux qu'ici. Bien sûr, ici tout le monde suit les règles de la circulation, donc quelqu'un qui ne les suit pas causerait un accident après deux coins de rue, s'il est chanceux. Au même titre, quelqu'un qui s'arrêterait à un stop sans qu'il n'y ait de danger (voiture, vélo, piéton ou chèvre dans l'autre voie) causerait un accident instantanément en Afrique. Mais comme personne ne respecte les règles, les gens sont attentifs à ce qui se passe autours d'eux, ils regardent avant de traverser une rue même s'ils ont la priorité, ils utilisent le klaxon en guise de corde vocale et non pas en tant que twé-mon-esti-tu-viens-de-presque-me-couper-facque-je-vais-te-le-faire-savoir-pis-j'espère-que-tu-vas-devenir-sourd. Ils sont préventifs, car s'il y a quelque chose qu'ils ne veulent pas, c'est que ce qui leur a couté 6 ans de salaire (faites le calcul du cout de votre voiture par rapport à votre salaire, je suis sûr que personne n'atteint le 6 pour 1) partent à la scrap. Et le concept d'assurance n'est pas très répandu en Afrique... à mon grand plaisir! Bref on fait attention à ce que l'on possède et comme personne ne s'attend à ce que les autres respectent un code écrit, on agit en conséquence.

Cette paranthèse fermée, je suis arrivé avec Marc au camp où nous allions passer deux nuits. La prermière impression est bonne : le garde de sécurité nous attends avec une boisson fraiche offerte par la maison et la propriétaire vient nous acceuillir individuellement. La deuxième est moins bonne : il n'y a personne en vue. Bien sûr nous avons fait vite, mais pas tant que ça. Troisième impression : "Sorry Ma'am, Where is everybody?" "Half of them is in the bar, the other half is in the pool." "THE POOL? THERE IS A POOL? REALLY? LIKE A SWIMMING POOL?".

C'est fou comment une piscine peut être une merveille quand ça fait trois mois que tu sues à 40 degrés sans vraiment bonne occasion de te rafraichir. C'est aussi fou à quel vitesse tu peux douter de la qualité de l'eau quand tout le monde se lance dans la piscine tout habillé en arrivant au camp...

La scéance de baignade fut suivie d'une productive après-midi. À 14h, j'avais monté ma tente, fait ma lessive, pris une douche, bu une ou deux bières, (fait) réparer mon vélo le tout en profitant du soleil pour tenter de faire disparaitre un peu mes lignes de bronzage de t-shirt de vélo. Il ne restait qu'à aller écrire deux trois e-mails et réparer mes 12 chambres à air et je serais libre pour vraiment relaxer pendant la soirée et le lendemain.

En plus du soleil, du retour de la forme, d'une piscine, d'une efficacité innatendue, nous avions Lilongwe pour faire de cette journée une journée près de la perfection. Lilongwe est le début de ce qui allait être notre retour graduel à la civilisation. Il y avait des petits centres d'achat, des épiceries (what's the favorite grocery store of a pirate? Spaaarrrrrrrrrrr!), des cafés Internet avec des connexions dignes de ce nom, et des restaurants avec de la nourriture occidentale (et des prix occidentaux aussi par contre).

Je garde de Lilongwe un souvenir des plus agréables, de deux journées à la fois productives et relaxantes, d'une ville combinant à merveille modernité et saveur africaine, d'un camps à la fois parfait pour se retirer entre nous et situé à 20 minutes de marche du centre-ville. Définitivement dans mon top 3 des jours de repos!

lundi 11 août 2008

Chitimba beach

Le lendemain de la traversée de la frontière, nous nous dirigeons vers notre jour de repos, à Chitimba beach. Je suis content parce que j'aimerais aller sur internet pour régler des trucs pour mes inscriptions à l'Université et une vrai journée de repos n'est jamais de refus. D'ailleurs je ne suis pas au meilleur de ma forme, trainant à l'arrière du groupe, principalement lors des montées. J'ai déjà été dans un état similaire en Ethiopie, après le jour de repos à Gondor où j'avais été malade, juste après le jour que je considère le plus difficile du Tour. Je me sens autant vidé de toute mon énergie que cette journée, mais je n'ai pas été malade depuis un bon bout, et je n'ai pas de raison de l'être là. Mais bon, le corps humain ne réagit pas toujours comme on s'y attends, surtout dans des conditions comme celles que l'on vivait là-bas.

Ceci dit, Josh m'aide à finir la journée en me coupant le vent pour les derniers dix kilometres environ. J'arrive au camp, qui est au beau milieu de nulle part, complètement épuisé. Je n'ai pas assez d'énergie pour monter ma tente et ça me prend tout mon petit change pour manger un peu de soupe. La soupe fait du bien, je mange correctement au souper et commence à me sentir assez en forme pour profiter de la soirée qui s'annonce haute en couleur. Un beach party est officiellement organisé! Le dernier party date du début de l'Éthiopie et ça s'était fini tard, sauf pour moi qui avait tant bien que mal essayer de forcer un peu d'alcool à rentrer, ce que mon estomac n'avait vraiment pas apprécié!

Nous sommes en fait dans un petit camp pour "overlanders". Un groupe d'overlander c'est un groupe de personne qui visite l'Afrique (ça existe peut-être ailleurs, mais je n'en ai jamais entendu parler), principalement l'Afrique de l'Est et du Sud, où il y a beaucoup de chose à voir. Les gens sont dans un gros camion pour quelques semaines ou quelques mois et visitent les attractions sur leur parcours (Kili, Safari, Zanzibar, Vic falls, parc nationaux, dunes namibiennes, etc.). Le camion est conçu pour pouvoir voir du paysage avec des grandes fenêtres tout le tour et des sièges confortables. Les gens vivent en tentes et ont un équipement pour la bouffe similaire au nôtre. Nous en croisons depuis Arusha en Tanzanie et cela continuera jusqu'à Cape Town.

Nous sommes donc dans un camp prévu pour acceuillir de tels groupes : une quarataine de personnes à la fois, qui ont leur propre moyen de transport (donc pas obligé d'être dans une ville) avec comme attrait principal un bar bien garni et une cuisine avec nachos, sandwichs diverses et patates frites... Celui-ci en particulier se trouve sur les berges du lac Malawi, le 3e plus gros du continent, selon un quiz que nous avions eu, quelque part au Soudan... C'est donc l'endroit idéal pour un beach party qui se déroulera jusqu'au petites heures.

Mon intention est la même qu'au dernier party : tant pis pour la maladie et pour le manque d'énergie. Malheureusement, mon corps réagit encore plus mal qu'en Etiopie. Résultat : je dors en suant de grosses goutes non pas après avoir été discuter un petit brin avec les plates-bande... Un autre party dont je n'entendrai que les histoires le lendemain (et quelles histoires!!).

Au moins, le lendemain je réussis à relaxer et à profiter un peu de la journée malgré mon état fragile et une météo qui n'est pas sûre d'elle-même. Le bar est quand même intéressant, la plage est belle, la bouffe est bonne quoique insuffisante et plutôt lente à arriver et il y a la plage, la première vrai possibilité de se baigner depuis la mer rouge (qui était très très frette). Dans le Lonely Planet et autres guides de voyages, ils disent que la batérie Bilzayria (ou quelque chose du genre) est présente dans le lac, et que la baignade est à proscrire. Par contre, personne n'a jamais attrapé la maladie dans ce coin de mémoire d'homme et bien que TDA ne donne pas de consignes officielles pour ne pas être tenus responsable si quelque chose arrive, il est su de tous que les membres du staff seront parmi les permiers à se plonger. Le message est assez clair : tous à vos costumes!

Et si je n'étais pas au meilleur de ma forme, je pouvais au moins me consoler en me disant que j'étais moins pire que George qui était malade depuis Arusha et qui, pendant le jour de repos, 14 fois sur le trône!

dimanche 10 août 2008

La prison

Le jour suivant Mbeya fut un drôle de jour. Nous devions traverser la frontière au cours de l'après-midi, après quelques 100 km. Une montée pas mal longue dans un semi brouillard, suivi d'une descente plutôt rapide puis de vallons avec une vue magnifique sur un des plus beaux paysages de tout le Tour. Les gens étaient heureux, moi inclus lorsque nous nous sommes présentés à la frontière. Amandine, l'infirmière, était là pour nous accueillir et nous dire les taux de change en vigueur pour ne pas qu'on se fasse avoir par les changeurs qui étaient plutôt agressif. Il y en a une vingtaine et nous étions quatre à arriver en même temps, donc nous en avons cinq chacun.
 
Le premier qui me parle commence à me dire son prix et veut me tirer par le bras pour aller plus loin. J'aime pas qu'on me touche dans ces situations, alors désolé buddy, tu viens de perdre ta chance. Je commence à parler à un autre mais le premier insiste. Les changeurs étaient envahissants, donc j'ai repoussé un peu tout le monde, incluant le premier, pour avoir plus de place. Je m'entends pour changer 20$ US à un autre changeur (le deuxième), je prends mon argent et je me pousse à la douane (non pas sans avoir vu le premier murmurer quelque chose à l'oreille du deuxième pendant qu'il me changeait mon argent).
 
Lorsqu'on se regroupe, tout le monde a trouvé que les changeurs étaient agressifs, et Alex (Germany, de son petit nom) se rend compte qu'il s'est fait avoir, qu'il lui manque "un zéro" dans son change. Je regarde et moi aussi! Le gars m'a donné le dixième de ce que je devais recevoir!! Ashley aussi s'est fait avoir. Josh et Ashley partent en vélo à la recherche du changeur d'Ashley, Germany part de son côté et moi du mien. Je fais le tour des bars avoisinants la frontière, pas de trace de mon changeur. Je reviens et le premier changeur (celui qui m'a tiré par le bras et que j'ai repoussé) est là. Je lui demande où est son ami. Il me dit qu'il ne sait pas de quoi je parle. Amandine vient voir ce qui se passe, je lui explique. Elle dit au gars que si il ne nous dit pas où est son ami, que nous allons dire à tous les autres de ne pas s'arrêter de ce côté de la frontière (nous sommes les derniers, mais eux ne le savent pas...). Ca ne fonctionne pas. Le gars nous dit de le laisser tranquille, que je l'ai poussé et que c'est mon problème si je me suis fait avoir, pas le sien. Je lève un peu le ton, il m'ignore et s'en va en direction d'un bar.
 
Le Max que vous connaissez tous aurait laissé tomber, pour 18$ ça ne vaut pas la peine, ce n'est même pas mon changeur, et je sais que je ne tirerai rien de ce gars là, l'omerta regnant probablement dans ce genre de milieu. Et bien un autre Max a prit le contrôle de mon corps et a décidé que ça ne se passerait pas comme ça!
 
Je suis le changeur en question dans le bar. Je commence à le traiter de voleur devant tout le monde, de me dire qui est son ami et où il habite. Il ne veut rien savoir. Je lui fais comprendre que je ne suis pas pressé et que je vais le suivre tout le reste de la journée s'il faut. En guise de réponse, j'ai droit à un :"Ha oui? Tu veux me suivre? Bien suit moi dans ce cas." Il sort par en arrière du bar (il n'y a pas vraiment de porte, c'est plus un endroit avec de petits murets et des tables et chaises en dessous d'un toit), et se dirige vers le champs. Tous mes réflexes me disent d'abandonner maintenant, que je vais me faire attaquer. À la place, je ramasse une grosse roche par terre pour lui montrer que je ne me laisserai pas faire. Je ne sais pas s'il a jamais eu l'intention d'aller dans le champs, ou si c'est ma roche qui l'a disuadé, mais il tourne entre deux maisons et reviens vers la rue (tout ça pouvait être, à la limite, qu'un raccourci). Je continue de le suivre, en le traitant de voleur le plus fort possible et en répétant les mêmes questions à propos de son accolyte, de comment il se sent en tant que voleur, qu'il n'a pas honte, que s'il n'a rien à cacher qu'il vienne à la police avec moi etc... Je décide de non plus le suivre, mais de marcher à reculons devant lui, pour le faire chier encore plus et pour empêcher qu'il s'enfuit. Je vois qu'il commence à en avoir assez et qu'il ne sait plus quoi faire pour se débarasser de moi. Tout le monde arrête ce qu'ils font pour nous regarder et sans qu'il n'y ait d'attroupement, je sens que la foule se ressert tranquillement. C'est mon but, je veux qu'il flanche sous la pression populaire. Je sais que le vol est mal vu dans la société tanzanienne, et je veux jouer cette carte.
 
Ashley et Josh arrive et craignant la foule (ça commençait à ressembler à la foule qui a menacé Duncan en Ethiopie après l'accident de Beryl), Ashley m'enjoint de m'en aller et de laisser tomber. Je lui dis d'y aller, que j'ai la situation en main. En fait, je sens que je perds quand même un peu le contrôle. Personne ne semble vouloir m'aider, le changeur ne semble pas intimidé plus qu'il faut même s'il est tanné, et on s'éloigne de plus en plus de la frontière et je commence à me demander si les gens viendraient à mon secours si le gars décidait de m'en sacrer une...
 
Puis un homme d'une quarantaine d'année arrive d'en arrière de moi, sans que je le vois arriver. Il est grand et bien habillé, il semble sortir tout droit d'un bureau. Il parle au cellulaire. Il ne dit absolument rien, il ne fait que donner deux-trois coups de son index sur l'épaule du changeur et il pointe en direction de la frontière. Le changeur baisse la tête, se retourne et avance aux pas de l'homme. Lorsque l'homme fini son appel, le changeur se justifie, dit qu'il n'a rien à se reprocher. L'homme ne dit rien. Il nous escorte jusqu'à la frontière où il nous remet à un policier, qui nous amène au poste frontalier. Je ne sais pas qui est cet homme et ne le saurai jamais non plus, mais je lui dois une fière chandelle.
 
Les policiers écoutent nos histoires, me font remplir une déposition. J'espérais qu'il le force à dire le nom du vrai changeur, mais à la place, il lui font enlever ses souliers, sa ceinture et vider ses poches. On me demande si je peux revenir la semaine prochaine pour témoigner contre lui, que c'est un fléau et qu'il aimerait bien le prendre comme exemple. Je dis que malheureusement je dois continuer mon chemin, à moins que la cause soit entendu dans les deux-trois prochains jours, je serai déjà très loin. On me répond que non, que le mieux qu'il puisse faire sera de le mettre en prison pour la nuit et de le relacher demain, que la cause sera probablement entendue, mais qu'il sera acquitté.
 
Je repars vers le camps, après avoir mis un homme en prison parce qu'il a suggéré, je crois, à son ami de m'arnaquer de 18$. Dit comme cela, ça parait ridicule bien sûr, mais en plus d'être la star de tous ceux qui se sont fait voler à cette frontière (une dizaine de personne pour environ 400-500$ au total), j'avais l'étrange satisfaction de ne pas m'être laissé faire, pour une fois. Ce changeur payait en quelque sorte pour tous les autres qui m'avaient arnaqué ou voler.

George

Après Iringa, on se dirige vers Mbeya, une ville tout près de la frontière entre la Tanzanie et le Malawi, notre prochaine destination. Il s'agit d'un trajet sans histoire, sur des routes asphaltées et avec une température des plus correctes. En fait, le seul souvenir que j'ai de cette seéquence est les quelques dernières heures avant d'arriver à Mbeya, où il y avait une très longue pente ascendante. Me sentant en forme, j'avais décidé d'aller rapidement et de me faire suer un peu (lorsque l'on monte des côtes, il ne sert à rien de rester en groupe, donc on se séparait et se rejoignait en haut). En plus de la satisfaction de dépenser un peu d'énergie, j'ai eu droit à un magnifique paysage pendant que j'attendais mes comparses. 
 
À Mbeya, nous restons sur le terrain d'un hôtel qui est relativement loin de la ville, mais qui est à l'intersectin de la route d'où on arrive et la route où il faudra emprunter le lendemain. Comme tout le monde a été excessivement rapide cette journée, même si Joya a repris ses bonnes vieilles habitudes de vomir aux cinq minutes sur son vélo, nous décidons d'aller visiter la ville...  On se rend en ville en transport en commun et George, un peu après être sorti du deuxième autobus, remarque qu'il s'est fait pickpocketé. Tout le monde, spéicalement Ashley, capote et se demande comment il va faire et ne sait pas comment réagir. La seule réaction de George fut "Wow, that was good work, mates. My wallet was in my inside pocket of my jacket and I haven't feel a thing! Well, I need to contact my sister to get money...". Nous étions tous pas mal plus excités que lui, même s'il a dit plus tard que ça l'a vraiment fait chier. Il a effectivement contacté sa soeur et quelques jours plus tard il avait assez d'argent pour le reste du tour.
 
Du George tout craché

vendredi 8 août 2008

Retour à la normal, ou comment pédaler 8 heures par jour dans des conditions de merde

J'ai donc quitté Kigali pour aller rejoindre mon groupe de cyclistes à Arusha, Tanzanie. Trois jours, sept autobus, deux nuits dans des hotels des plus miteux (le deuxième était pas si pire, il y avait de l'électricité dans la toilette...) et un bon mal de cul plus tard, je me retrouve à Arusha, où m'attendent plein d'histoires de tous mes collègues de TDA, ma carte de crédit et BP et Hunter (qui m'ont accueillis en août dernier juste avant mon ascension du Kili). Je leur devais une bière pour leur accueil et j'en dois maintenant une deuxième à BP qui a fait du lobbying pour moi auprès d'Élise (notre amie commune) pour qu'elle m'accepte comme coloc à mon retour, ce qui est maintenant chose faite.
 
C'est donc le 16 mars que l'on reprend la route avec de nouveaux chauffeurs de camion, un nouveau staff de TDA (Randy), un nouveau cook et surtout plusieurs nouveaux participants. Certains de ces nouveaux feront tout le reste avec nous (une quinzaine) alors que le reste partiront dans deux ou troise semaines. Depuis le début du tour, le groupe était très stable. Une personne avait fait seulement Caire-Karthoum, et trois autres avaient faite Caire-Kenya, mais personne ne s'était joint à nous. De plus, des "sous-groupe" s'était formés et on pensait que ça allait être plutôt difficile pour les nouveaux de s'intégrer. Finalement, ce ne fut pas si pire que ça. Deux des nouveaux se sont en quelque sorte joints à notre sous-groupe et ça a apporté un peu de diversité.
 
On se dirige vers une série de six jours avant la prochaine pause, avec pour commencer par une journée d'asphalte suivi de cinq jours de hors-route. En Tanzanie, on nous promettait de la pluie. Beaucoup de pluie. Et la boue qui vient avec. Pendant ces six jours, on a eu des journées ensoleillée et excessivement chaude. On se croyait au Soudan avec nos 40 degrés et plus (à l'ombre bien sur...), mais avec moins de vent. Et le hors-route a failli avoir raison de mon vélo... et de ma patience!
 
J'avais eu quelques pépins avec mon vélo auparavant, principalement dû à du sable dans mes shifteurs aux poignées. Le tout s'était toujours réglé assez facilement. J'avais aussi eu 7-8 flats (en deux mois, ce n'est pas grand chose et j'étais dans la moyenne). Mais là, le sort s'acharnait sur moi : un pneu qui éclate, plus de dix flats en trois jours une quinzaine en tout, dont quatre dus au pneu éclaté, mon rim arrière (j'ai pas de rechange) qui menace de me lâcher à tout moment si je ne réduis pas considérablement ma vitesse selon Luc le mécano, ma poignée de freins qui se tord et j'en passe, le tout en cinq journées. De plus, j'avais reçu un email à Arusha qui m'avait fait déprimer un peu alors j'étais dans un état plutôt lamentable. Merci à Joya qui a su me remonter le moral en m'offrant de son précieux Gin et avec qui on a eu une belle soirée à jaser de nos problèmes respectif avec un peu trop d'alcool.
 
J'étais plus que content d'arriver à Iringa, où nous arrêtions le off-road pour quelques semaines. Encore plus heureux parce que cette journée j'avais décidé d'accélérer un peu la cadence (autant que mon rim le pouvait) et j'étais arrivé juste à temps pour monter ma tente avant que le ciel nous tombe sur la tête. Notre première pluie du tour (si on exclu l'heure où il a mouillassé pendant la nuit à Aswan). Les derniers à rentrer au camp ont eu un aperçu des jours à venir!

Sur les traces du génocide

Le lendemain, je pars de Ruhengeri et me dirige directement vers Kigali, avec une ou deux journée de "retard". Un trajet d'environ trois heures d'autobus. Je ne pourrai rester dans cette ville d'on je me suis fait vanter les charmes à plusieurs reprises et qui, je ne sais pas trop pourquoi, m'intrigue et m'attire. J'arrive à 11h30 dans la capitale et je me renseigne, le prochain bus pour ma destination (la frontière tanzanienne) part à 14h00. Il me reste grosso modo 1h30 pour aller visiter le Genocide memorial center, qui est la raison principale pour laquelle j'ai choisi d'aller au Rwanda et en Ouganda. Je voulais voir des traces du génocide, des musées, voir si on pouvait le sentir dans la rue. Pour la rue, mlagré mon très court séjour, je dois dire que je n'ai rien vu de particulier, personne de défiguré ou avec un seul bras et je n'ai entendu personne en parler. À bien y repenser, les paysages dans mes trajets d'autobus étaient plutôt vides, pour le pays qui fut un des pays d'Afrique avec la plus grande densité de population pendant plusieurs années.
 
J'arrive donc à ce centre commémoratif après un court trajet en moto (avec un casque fourni par le chauffeur, chapeau Rwanda!). Ceux qui me connaissent bien savent que je déteste les musées. J'en essaie un de temps en temps, pour voir si je déteste encore ça autant, ou parce qu'on m'a dit que c'était le meilleur musée au monde, et ça me déçoit toujours, ça me draine mon énergie et je sors presque tout le temps avec un mal de tête en me jurant que les musées c'est fini...
 
Et bien pas lui. J'avais de très haute attentes envers ce centre, et il les a dépassées. C'est un musée organisé et payé par une organisation allemande travaillant sur les génocides, donc le style est très occidental, avec panneau moderne et télévision "touch screen". C'est séparé en quatres principales parties : 1) l'histoire du génocide rwandais, 2) les enfants du génocide rwandais, 3) les autres principaux génocides dans le monde, 4) les fosses communes de quelques 250 000 corps non réclamés, au centre desquelles le centre est construit.
 
La première partie est un cercle, avec en circonférence un corridor où l'on retrace l'origine du génocide, d'avant la colonisation jusqu'à l'actuel génocide. Les témoignages de quelques victimes ne laisse personne de glace et cette section est bien construite pour faire monter l'émotion en vous. Puis on rentre dans le millieu du cercle où il y a trois sales. La première est un endroit où des Rwandais peuvent laisser des photos de disparus et de victimes. Les murs sont couverts. Du plancher au plafond. Des dizaines de milliers de visages jaunis par le temps vous sourient, innocents. Cette salle est plus frapante que n'importe quelle statistique. Et ce ne sont que quelques milliers de photos, sur 250 000. La salle suivante est remplie d'ossements et de crâne, pour vous rappeler que tout ce que vous venez de lire, d'entendre et de voir, c'est bel et bien vrai, et que les photos sont reliées à quelque chose de concret. Enfin, la dernière salle contient des objets trouvés sur des cadavres, avec, me semblait-il, comme pièce maitresse, un chandail d'enfant avec une feuille d'érable en plein milieu, comme pour rappeler au monde que le tout s'est passé dans la totale indifférence des pays occidentaux.
 
La deuxième partie est très courte. Il s'agit d'un quinzaine de photos d'enfants victimes du génocide avec en dessous leur nom, leur âge, leur jouet préféré, ce qu'ils aimaient à l'école, leur plus grande qualité, leur nourriture préférée, et ainsi de suite. Après la première partie, cela vous mets encore plus dans vos petits souliers. Je commençais à être pressé par le temps et je n'étais pas trop mécontent de devoir aller plus vite, n'en pouvant plus de ne pas pouvoir répondre à ces simples questions : "Pourquoi? et Comment?". J'ai donc visité la troisième partie à l'américaine (pas plus de deux minutes par génocide...) et je suis allé voir à l'extérieur deux ou trois des centaines d'immenses dalles de ciment qui servent de tombes communes (je dis tombe commune car je crois que les corps ont été enterré avec un certain ordre et respect, versus une fosse commune). S'il y avait quelques chose d'autre à voir à l'extérieur, je ne l'ai pas vu. J'ai fait un don au musée (une première) et je suis reparti pour tenter d'attraper un petit quelque chose à manger et d'être à temps pour mon autobus.
 
Je finirai tout de même par une des citations (elle n'est peut-être pas exacte, je ne l'ai notée que mentalement) qu'il y avait sur un des murs : "Après l'Holocauste, lorsque tout le monde affirmait à l'unisson : "Cela ne se reproduira plus jamais!", cela n'incluait-il donc pas les Noirs?"
 
Si vous allez au Rwanda, ou même simplement dans la région des Grands Lacs africains, le centre commémoratif pour le génocide devrait absolument être sur votre chemin. Et en bonus, vous aurez la chance de visiter Kigali, qui semble être, pour ce que j'en ai vu un petit bout de paradis!

mercredi 6 août 2008

Le trecking

Nous nous retrouvons donc, les Suédois et moi, dans ladite maison et recevons la visite d'un des organisateurs de tours organisés de la région. Pour eux il sera un contact important pour leur étude sur le tourisme, pour moi il sera utile pour m'arranger un trecking dans les volcans avoisinants. J'arrange un trecking pour le lendemain (il y a deux choses à faire dans cette ville, du trecking et aller voir les gorilles. À 500$ pour aller passer moins d'une heure avec des gorilles, je passe mon tour). L'arrangement est : "75$ pour l'entrée au parc, et avec le transport c'est 80$". Parfait je le prends, je m'attendais à me faire avoir avec le transport mais à 5$ c'est plus qu'acceptable.

Le lendemain on vient me chercher (avec un 4x4 plutôt luxueux pour 5$) et on m'amène au parc. Je m'inscris et on me jumele avec un groupe d'un équipage de Brussels Airways qui se sont payés une petite vacances. Nous sommes donc 8, plus un guide et trois militaires (il y avait des rebels et des traficants d'armes dans ce coin qui faisaient des transactions entre l'Ouganda, le Rwanda et le Congo, sour la relative protection de l'épaisse jungle, d'où l'escorte armée), à entreprendre l'ascension d'un des volcans. Nous sommes dans le début de la saison des pluies au Rwanda et il mouillasse chaque matin depuis quelques jours (incluant cette journée), le chemin, qui est loin des autoroutes que constituent les chemins du Kilimanjaro ou du Mont-St-Hilaire par exemple, est étroit, excessivement boueux (par endroit jusqu'à un pied de boue) et très glissant, se transformant parfois en ruisseau d'eau et de boue. Chaque pas représente un effort considérable pour soit trouver un endroit presque sec, soit pour sortir le pied de la boue. Je commence à me rendre compte des bienfaits de faire 130 km de vélo par jour sur le cardio lorsque j'entends tout le monde en arrière de moi respirer comme s'ils venaient de courrir le marathon alors que j'ai l'impression d'être plus challengé mentalement que physiquement.

Après une heure assez exigente, deux ou trois grimpeurs jettent l'éponge et ils retournent à l'intersection quelques dizaines de mètres plus bas. Après délibérations, le reste du groupe trouve ça un peu cheap de les laisser là, surtout qu'ils ne peuvent pas aller ailleurs puisqu'il n'y a pas d'assistant guide. On décide donc de changer de route, ce qui me déçoit pas mal, et de se rendre à la tombe de Diana Fossy, qui a vécue avec les gorilles pendant plusieurs dizaines d'année. Le chemin pour s'y rendre est en aussi mauvais état, mais ce n'est pas en pente, donc c'est plus facile. Aussitôt engagés dans la nouvelle route, nous croisons un gorille adulte avec trois bébés gorilles qui sont par hasard sur le bord de notre chemin. Comme nous sommes trop près des gorilles, le guide nous demande de prendre une photo rapide et de continuer notre chemin. Comble de malchance, ce matin j'ai oublié de prendre mon appareil photo, étant un peu pucké dû au lever très matinal. J'ai laissé mon adresse courriel à une dame de l'équipage qui m'a promis de m'envoyer les photos, mais je n'ai toujours rien reçu à ce jour. Je peux cependant vous assurer qu'un gorille, c'est gros. En fait c'est même très très gros! Je dirais que l'adulte devait mesure 5'6"... assis! Un seul de ses doigts est aussi gros que mon avant-bras....
 
Cette rencontre imprévue avec 1% des représentants d'une espèce en voie d'extinction me remet de bonne humeur, même si le reste du chemin est tout aussi difficile (il commence à pleuvoir pas mal et il fait de plus en plus froid, moi qui n'a toujours pas de souliers depuis qu'on me les a volés et qui est par conséquent en sandales). Après la visite de la tombe de Mme Fossey, qui est au milieu de dizaines de tombes de gorilles décédés, nous revenons sur nos pas et arrivons à notre point de départ, où mon chauffeur m'attend.
 
De retour à l'auberge, le chauffeur me demande la balance de son argent. Ne comprenant pas trop, je lui dis que j'ai donné 20$ à l'organisateur et qu'en plus c'est moi qui ai payé mon droit d'entrée, que c'est donc lui qui me doit 15$. Finalement je le laisse à la porte et je m'en vais en dedans, profiter de ma dernière journée à Ruhengeri. L'organisateur du tour arrive quelques minutes plus tard et me demande de payer la balance. Je lui dis qu'en fait c'est lui qui me doit de l'argent, que j'ai payé 95$ et qu'il m'a dit que c'était 80$. Il me dit que non, que nous nous sommes entendus la veille que le transport est de 80$.
 
Je suis bouché. J'avais mal compris. Je ne peux pas vraiment argumenter. Un 4x4 neuf qui t'attend toute la journée, ça ne peut pas être 5$. Je ne crois pas que le gars a essayé de m'arnaquer, il s'agit d'un simple et réel "lost in translation". Merde. Je ne peux même pas argumenter le prix à la baisse, ce que j'aurais pu faire la veille, car c'est déjà passé. Ok je vais payer. Je regarde mes poches : merde il ne me reste pas assez d'argent... double merde, je n'ai pas de carte de crédit... triple merde, il est 3-4h am au Québec et je ne peux appeler mes parents tout de suite pour quêter de l'argent. J'ai perdu ma carte de crédit au Caire, et mon père m'avait prêté de l'argent qui était supposé durer jusqu'à ce que ma carte de crédit de remplacement arrive avec le prochain staff de TDA à Addis Abeba. Le Kenya étant annulé, le nouveau staff n'allait rejoindre le groupe qu'à Arusha, après les deux semaines de congé. J'avais planifié mes ressources pour arriver pas mal short, transport inclus pour mon retour. Bref, je n'ai pas assez de cash. Je fais un deal avec le gars que je vais le payer d'ici quelques heures
 
Tempête de neige la veille aidant, mes parents sont absents toute la journée pour aller skier. Lorsque je les rejoints, quelques heures avant que mon autobus prévu parte(le lendemain matin), ils réussisent à me transférer un montant par Western Union, mais ça ne fonctionne pas à la banque. Quelques courriels, appels et inquiétudes plus tard, mon père se rend compte que c'est Western Union qui a bloqué la transaction, pour une raison de sécurité pas vraiment justifiée. Je réussirai à n'avoir l'argent que le surlendemain, au petit matin. J'ai donc essayé, dans tout ce courraillage, de profiter de ma journée supplémentaire imprévue avec les Suédois. Rien d'extraordinaire, mais j'accompagne Emelie et Olec à une rencontre pour jouer le traducteur entre eux et un Rwandais qui ne parle que le français, j'aide Martin (aider est un grand mot) à faire la bouffe, on boit quelques bières dans le salon (livrées par un serveur du resto d'en face avec noeud papillon directement sur notre table), et les Martin et Olec se pratiquent avec moi en faisant leur première entrevue pour leur travail sur le tourisme.
 
Lorsque j'avais décidé de quitter mes quatre compatriotes de TDA pour aller au Rwanda, j'étais plutôt enthousiaste face à l'idée de me retrouver seul pendant plusieurs jours. Pas que j'étais tanné de ces personnes, mais vivre 24/24 avec les mêmes personnes peut être un peu oprressant. Loin de me retrouver seul, j'ai passé le plus clair ces quatre ou cinq jours depuis Kampala avec ces quatre Suédois. Cependant, ce fut une bouffée d'air frais qui me revigora pour les quelques semaines à venir. Des jeunes de mon âge, avec des préoccupations et une vision socio-politique beaucoup plus près de la mienne que la plupart des gens du tour de vélo, et surtout, des gens nouveaux avec des sujets de conversations nouveaux!
 
Mon séjour à Ruhengueri fut donc marqué par l'observation très chanceuse de gorilles des montagnes, par du stress et du couraillage imprévu relié à l'argent, par une prolongation involontaire de mon séjour dans cette ville, mais surtout par du bon temps passé avec ces amis de passage...

mardi 5 août 2008

La rencontre avec les Suédois

Après Kampal, direction le Sud de l'Ouganda, vers le lac Bunyani (ca sonne à peu près comme ça). Je me rends dans une petite auberge dans un décors bucolique, sur une petite île du lac qui est entouré de collines où l'on pratique l'agriculture en escalier. Le Lonely planet parle d'une scène tout droit sortie du Hobbit, et je dois dire que ce n'est effectivement pas très loin de ça. J'avais prévu resté une journée complète, pas vraiment plus. Finalement, la bouffe est excellente et le paysage est magnifique, m'enlevant le gout de partir. En plus, il pleut le matin, ce qui rend la traversée du lac en pirogue plus ou moins désagréable. Au Yable, je reste une journée de plus, j'avais une journée de lousse dans mon "programme", ça sera celle-ci!
 
Pour me réconforter dans mon choix de rester un peu plus longtemps, je rencontre quatre étudiants Suédois qui se rendent une journée plus tard exactement dans la même ville que moi. On pourrait donc partager les coûts de transport. On en profite pour faire un mini trecking dans les montagnes avoisinantes et prendre des photos qui valait le détour.

Le surlendemain, on se dirige, moi et les Suédois, vers la ville de Ruhengeri au Rwanda. C'est à environ 200-300 km, mais ça nous prendra 5-6 heures en tout, ayant à se rendre à la rive en bateau, à prendre un taxi vers la ville la plus près, à dealer un taxi jusqu'à la frontière où nous empruntons un autobus qui nous amène finalement à Ruhengeri. En chemin, nous croisons un cycliste solitaire et j'ai falli faire arrêté le taxi pour donner une des fameuses PVM bar qui trainait dans mon sac. Ce n'était ni le premier ni le dernier cycliste solitaire que j'allais croisé durant le voyage, mais se promener seul, avec tous ses bagages sur le vélo, dans les collines de l'Ouganda me fait sentir cheap d'avoir trouvé les montagnes éthiopiennes difficiles, malgré tout le support que nous avions...

Les Suédois (Martyn, Olec, Emelie et Jennie) sont en Afrique de l'est depuis quelques semaines et s'en vont passer une dizaine de jours à Ruhengeri pour faire une étude sur les impactes du tourisme en Afrique pour un programme qui ressemblerait à un certificat sur l'Afrique, à une université suédoise. Un de leur prof les a mis en contact avec des agences de tourisme à Ruhengeri et avec un ami qui possède une auberge qui ressemble plus à une maison pour invités. C'est là que je prévois rester une nuit, maximum deux... ça c'est si tout se passe bien...

lundi 4 août 2008

La source du Nil

Bonjour,

Je tiens à faire mon mea culpa, je ne vous ai pas "entertainés" à la hauteur de vos attentes pendant les deux derniers mois de mon périple en sol africain. Voici donc le premier d'une série d'updates sur mes dernières aventures pour tous mes fidèles lecteurs et lectrices. Allez vous chercher du pop corn et installez-vous confortablement, ca commence! Je vais essayer d'en mettre un par jour et ça devrait durer environ deux semaines ou un peu plus.
 
La source du Nil

Au début du mois de mars, je me suis donc envolé pour mes deux semaines de vacances forcées, instabilité politique au Kenya oblige, direction Ouganda et Rwanda. À peine attéri dans l'aéroport d'Entebbe, je sais déjà que je vais aimer l'Ouganda. L'aéroport est un petit aéroport bien sympatique (où, j'ai appris plus tard, il y a encore sur la piste un avion qui avait été détourné dans les années 80 et qui a été pris d'assault par les forces spéciales israélienne...) où on voit sur la route qui borde la cloture de l'aéroport des motos et des charrettes qui se promènent au pied de butes verdoyantes.

Moi, Joya, Josh, Ashley et Nathalia se dirigeons vers un hôtel à Kampala où un se trouve une auberge de jeunesse miteux à souhait. Je suis content, parce que j'avais peur que mes compagnons de voyage ne veulent rien savoir de ce genre d'auberge et que je sois obligé de dépasser mon budget pour les suivre. Après un petit tour dans le centre-ville et quelques appels téléphoniques, on parvient à s'organiser notre journée du lendemain que l'on passera à Jinja.

À Jinja, sur le bord du Lac Victoria, il y a l'embouchure d'un fleuve que nous avons traversé quatre ou cinq fois depuis deux mois, et j'ai nommé le Nil. Quoi de mieux à faire à la source du Nil qu'un peu de rafting dans des rapides niveau 5! En Rafting, il y a cinq niveaux de rapides, un étant un petit remous, 5 n'étant pas loin d'une chute à proprement parler. Les kayaks de rivière vont jusqu'à 7 niveaux, mais ce ne sont pas des endroits accessibles pour des rafts. Nous avons donc passé une journée assez excitante, avec un batème de feu (ou d'eau) pour une des filles (je ne me souviens plus qui, mais je crois que c'est Ash). Nous avons chaviré à souhait mais rien de grave jusqu'à la dernière rapide, la niveau 5...
 
Notre guide nous dit de bien nous accrocher, qu'il n'y a pas de danger que l'on chavire et qu'il s'occupe de nous diriger. Il suffit donc de se garocher dans le raft à son commandement et tenir les cordes. Lorsque nous entrons dans la chute, nous frappons un rocher innatendu qui projette Joya et l'autre gars qui s'était joint à notre groupe pour le journée (un Suédois) hors du raft. Panique! Le guide se tasse hors de la rapide, Josh et le guide récupèrent les deux naufragés en une fraction de seconde, les deux sont hissés dans le raft qui est immobilisé. Le tout a littéralement pris moins de 2 ou 3 secondes. Joya s'évanouie...

Dans la rapide, il y a un minimum d'eau, moins d'un pied. Joya et le Suédois se sont retrouvés en dessous du raft pendant leur chute coincé en le raft et les rochers. Le Suédois a une bosse énorme sur le pied, nous faisant penser que c'est cassé, mais il n'a pas de douleur. De toute façon, Joya vole le show. Elle s'est cognée la tête (elle portait un casque), a de belles grosses scratchs sur le coude et le côté du ventre, en dessous des côtes et d'autres scratchs mineurs. Elle s'est évanouie à cause d'une trop grande dose d'adrénaline et non du choc sur la tête, donc n'a pas de commotion cérébale ou de séquelle, outre un peur assez intense du rafting! Elle a tout de même rembarqué pour la dernière petite rapide de niveau 2 qui nous menait jusqu'au transport (elle aurait pu prendre un petit chemin à pied). Nous avons tout de même passer une soirée très amusante avec Nat qui s'improvise coiffeuse pour Josh, moi qui s'improvise cordonnier pour Nat et Ash qui s'amourache d'un étudiant en médecine qui fait un stage en Tanzanie.

Le lendemain nous décidons de "chiller" à Jinja pour voir la source du Nil où nous avons appercu des oiseaux cool et quelques singes et de se rendre à Kampala en soirée. Nous devions alors décider du parcours pour les jours à venir. Comme je voulais absolument aller au Rwanda dans ces deux semaines là, et que eux (Josh, Joya, Ash et Nat) voulaient plutôt se diriger vers le Nord de l'Ouganda, Je ne voulais pas les suivre. J'étais près à faire une exception si nous allions dans un parc national précis qui avait des chutes semble-t-il magnifiques. Nous avons fait quelques démarches avec les personnes de l'auberge de jeunesse où nous étions, avant de se faire dire que tout était complet dans le parc, à cause d'un tournoi de pêche!! Nous avons décidé de se séparer le lendemain, eux iraient vers l'Ouest faire un peu de trekking et se baigner dans des sources thermales, moi vers le Sud pour passer une soirée sur une île dans un lac très beau paraissait-il et ensuite me diriger vers le Rwanda pour du Trekking dans des volcans et voir un musée sur le génocide à Kigali.
 
Je décide donc d'en profiter pour découvrir un peu plus Kampala le lendemain, ayant une journée de trop dans mon horaire, de me mettre à jour dans mes courriels, de m'acheter un ou deux souvenirs, de planifier le reste de mon itinéraire et de relaxer. Je partirai le lendemain vers le Sud.
 
Suite demain

mercredi 7 mai 2008

La fin approche

Boujour a tous ceux qui viennent encore lire ce blogue malgré l'absence evidente de toute nouvelle fraiche...
 
Il me reste 3 jours sur le velo, 7 jours sur le continent africain... Vous comprendrez donc que je vais prendre ce temps pour profiter au maximum du paysage et de mes amis de passage...
 
Je vais donc updater la fin de mon voyage a mon retour. Et pour ceux que je verrai en personne, ca sera live!
 
en attendant, je me suis payé un numero de telephone que voici + 27 (0)76-88-20-200. Si ca ne fonctionne pas, essayer de verifier le code du pays. Je crois aussi que le 0 ne doit pas etre composé.
 
Au plaisir de vous voir... dans une semaine!!!!
 
Max

mercredi 9 avril 2008

La patience est une vertue

Désolé de vous faire encore patienter, mais quand je voulais passer mon apres-midi sur internet a faire plein de choses palpitantes, incluant me trouver une job, un appart et updater mon blogue, internet est mort...
 
Maintenant il est deja passé l'heure du dodo (il est 20h30...), il va falloir que je retourne chez moi bientot (chez moi étant une tente de six pieds par 4 pieds... Le gros luxe!).
 
J'ecris donc rapidement pour dire que je vais tres bien, que je suis a Lusaka (Zambie) et que je me dirige vers les chutes Victoria (plein de plaisir en perspectives) et vers le Botswana. J'ai de plus en plus hate de revenir, mais je me fais du fun au maximum quand meme. Les longues journees ont commencées, meme si le plat se fait attendre.
 
Je vais tenter de prendre le temps d'ici la fin de la semaine pour vous jaser un peu de la Tanzanie, du Malawi et de la Zambie, ou en d'autres mots, du off-road, de la pluie et des longues distances montagneuses...
 
Sur ce, bonne journée, bonne soirée ou bonne nuit. Que le printemps vous réchauffe les mains qui doivent se remettre tranquillement du pelletage et surtout...
 
Go Habs Go!!

samedi 15 mars 2008

Gang de chanceux!

Depuis le temps que vous revez de ce moment, vous avez maintenant l'opportunité de me joindre et de me parler live! Oui oui, vous avez bien lu, je me suis acheté un no tanzanien et vous pouvez me joindre jusqu'a la fin mars environ connaitre mes derniere peripeties, me raconter votre journée palpitante, m'annoncer que vous me prenez comme coloc ou juste pour me dire salut.
 
le numero gagnant est donc le +255 076 290 1930
 
Gang de chanceux!
 
ps. je vais laisser mon cell ouvert, mais les batteries se dechargent vite, et les possiblités de le recharger sont faible en plein milieu du desert, ou plutot de la savane, donc si ca ne fonctionne pas, réessayer plus tard ou le lendemain.
 
pps. je suis 8h plus tard que vous... et je me couche a 20h et me leve a 6h15. Pas que ca empeche quoi que ce soit, mais...

jeudi 6 mars 2008

Quelques détails sur la vie a vélo

Les pauses : Je vous ai deja fait un petit résumé d'une journée typique. Je crois me rappeler qu'a ce moment, je n'avais pas mis de "coke stop". Depuis Khartoum, il fait chaud, tres chaud. Et les journées sont en general eprouvantes. Donc, a mi-chemin entre le depart et le lunch, soit en general apres 30km, (meme chose apres le lunch) nous ne cherchons plus un coin tranquille ou un coin offrant une belle vue pour prendre une pause, mais bien un endroit ou ils vendent du carburant pour cyclistes. En d'autres mots, du Coke/Pepsi/Fanta/7up/Sprite/Miranda/Crest/Tangawizi(a venir)/ambro... Je n'ai jamais bu autant de boisson gazeuse de ma vie, en prenant jusqu'a 5 ou 6 bouteilles dans les journees les plus chaudes. Ca m'a entre autre permis de finir certaines journees au Soudan, ou j'avais deja bu les 3-4 litres d'eau de ma demi-journee. Ha oui, depuis quelques jours, voire semaines, le dernier coke stop de la journee a ete remplacé par un "beer stop". J'ai besoin d'elaboré?

L'hygiene : Il faut 2500 litres d'eau a chaque deux jours pour faire rouler tout ce beau monde. Comme vous pouvez l'imaginer, c'est un peu compliquer de constament trouver cette quantité de liquide, donc nous sommes en quelque sorte rationnés. Jamais pour l'eau a boire, ca il n'est pas question de rationnement, mais disons que nous n'avons pas de douche portative. La grande majorité des gens, apres etre arrivés au camp, montent leur tente et se decapent dans ladite tente a l'aide de wetones, ou de baby wipes, avant de ressortir presque frais habillés en civils. L'exception etant les hollandais qui se mettent a poils a cote de leur tente et qui prennent une douche avec l'eau qui reste dans leur gourde. Plein de classe...

Avant de manger : Avant de toucher quoique ce soit de la cuisine, il est obligatoire de se laver les mains, a l'aide du bidon d'eau melangé a un truc anti-bacterie. Bien sur, tout le monde ne le fait pas, j'oublie moi-meme assez souvent, mais j'imagine que ca aide a limiter l'etendu des degats quand un virus fait son apparition.

La pelle : Nous n'avons pas de douche portative, et nous n'avons pas plus de toilette portative. Nous avons des pelles a la place. Le principe est assez simple : tu vas assez loin du camp pour ne pas etre vu, et tu te cache derriere une roche, un buisson, une pente, etc., tu creuses un trou, tu fais ce que tu as a faire tu remblaies le trou et tu reviens. L'exception est encore ce couple hollandais qui n'a pas compris le fait que nous ne sommes pas particulierement interessés de les voir faire leurs besoin a 20 pieds du camps. Encore moins au lunch...

Le riders meeting : 18h30, on l'attendait, le voici, le voila : Duncan gueule de tous ses poumons : " Riiiiiiiiiiiiiideeeeeeers meeting". Tout le monde fini sa page qu'il lisait, son histoire qu'il racontait, la partie de son velo qu'il nettoyait, la sieste qu'il faisait, et se dirige tranquillement avec son assiete a la main vers l'endroit ou se tiendra le meeting. Duncan nous felicite de notre journee, nous dit le nombre de km le lendemain, le type de route, si nous devrions nous attendre a plus chaud que les 45 degres qu'on a eu aujourd'hui, nous dit a quel point le prochain camp sera beau, ou sera le lunch, ou il faut tourner en nous disant que des petits rubans indiqueront le chemin, se fait retorquer que les enfants volent les rubans, dit qu'il va en mettre plus, plus haut, continue en disant de faire attention, que l'accident d'aujourd'hui aurait pu etre evité si nous allions moins vite dans les downhills, que demain le traffic va etre encore pire qu'aujourd'hui. Parfois il doit donner des informations touristiques sur la prochaine ville ou nous aurons un jour de repos, ou repondre aux inlassables questions concernant le Kenya et ainsi de suite. Il le fait bien et il le fait avec humour. Mais malgré les talents de Duncan, nous attendons tous le "bon appetit" qui cloture le riders meeting.

Bon appetit : Le matin, nous avons du porridge, qui est parfois remplacé par des cereales, probablement quand le staff est parresseux. Occasionnellement, nous avons des oeufs cuits durs. Nous avons toujours du pain avec du beurre de peanuts, du faux nutella, du faux sirop, du miel, de la margarine, de la confiture etc. Des fois nous avons des bananes.

Le midi, nous avons des sandwich au thon et aux tomates, avec du fromage la vache qui rit. De temps en temps on nous gate avec du vrai fromage, ou avec des avocats ou des oignons dans les sandwichs. Nous pouvons prendre du pain pour nous faire une tartinade avec les meme condiments que le matin. Souvent il y a des fruits, oranges et bananes en general, parfois avocat, ananas ou melon d'eau, selon disponibilité. Le tout est extremement rationné (2 sandwich (ou 1 sandwich et une tartinade...), 2 morceau de fruits par exemple) ce qui est souvent (lire toujours) frustrant.

En arrivant au camp, de la soupe chaude nous attend, avec le traditionnel pain et condiments du matin. La soupe est generalement succulente et permet de bien commencer a relaxer.

Apres le riders meeting, Miles (le cook) nous epate a chaque fois. Nourrir 70 personnes qui mangent comme 140, ca ne doit pas etre evident. Et pourtant, malgré le fait que ce que nous mangeons n'est pas fancy, c'est toujours succulent. A base de pates, de riz, de patates, de couscous, avec une sauce riche en viande (avec une version végé a coté, toute aussi bonne), ou une cuisse de poulet sur le BBQ, un meme un Steak ou un Burger, le tout epicé a point. Hummmm Miles va nous manquer (il nous quitte a Arusha) 
 
Pour le reste, c'est rendu tellement de la routine que je ne sais pas quoi raconter... Vous avez des questions sur comment se passe quelque chose? Dites-le moi, je ferai un autre update.

EFI

Le defi que je me suis lancé quand j'ai commencé le Tour, c'est d'obtenir le statut EFI, qui veut dire Every Fabulous Inches (ouin ouin, me semble pour le F). La plupart d'entre vous commanditer selon le nombre de jours que je passe en dehors du camion.

Et bien j'ai le regret de vous dire que je n'aurai pas le bout de papier pour prouver que je suis EFI. Non seulement, je vole au dessus du Kenya, mais j'ai perdu officiellement mon statut voila quelques temps. Je dis officiellement, parce que pour ma part, je considere et agit comme si je l'avais encore.

C'etait par un beau matin ensoleillé du mois de fevrier (je pense), le 4e jour au Soudan, avant le jour de repos a Dongola, je me suis levé en pleine forme. Nous avions 18 km a faire dans le desert, sans route, avant de trouver la route principale plus loin. Il fallait viser a gauche de la 3e montagne. Nous etions supposés partir en convoit, mais apres avoir perdu la moitie du groupe apres 4 km, ils nous ont laisser partir tout seul...

J'etais aux anges, pas de route du tout. Je degonfle mes pneus a moitier pour flotter sur le sable et je pars dans n'importe quelle direction. Pas de route = pas de camion = pas de bruit = vrai desert! Je suis comme un enfant dans un carré de sable. Je me rends jusqu'a la route, remet de l'air dans mes pneus et pars a l'aventure sur cette route en construction, ou nous rencontrons toutes sorte de conditions routiere. Je mets mes ecouteurs et mets la musique dans le tapis, je vais vite, je suis en forme.

Je m'arrete pour la premiere fois du voyage pour piquer une jasette avec des locaux, normalement je suis plutot sauvage et je ne m'arrete pas, laissant cette activiter a Joya, la sociable du groupe. Joya s'arrete elle aussi, on a du bon temps, on rit, on prend des photos. Joya demande si on leur demande un lift, je dis que non, pourquoi? Elle n'en peut plus, elle n'a pas une bonne journee.

On repart ensemble, on jase, on se fait du fun. On s'arrete pour le lunch. Comme la route est en construction, le camion du lunch ne pouvait pas aller sur la route et devait prendre un autre chemin, donc nous trainons nos lunch avec nous depuis le matin. On s'arrete pour un petit picnic, juste apres avoir donner des ballounes a des enfants sur le bord de la route. Joya demande si on se quete un lift a ce camion qui s'en vient. Je dis que non, pourquoi? Son genou qui lui a fait perdre son EFI voila plusieurs jours contre attaque en force. Bien non, elle sera capable, elle sous-estime ses capacités.

On repart, on est maintenant sur une route a chier, et il fait chaud. Joya demande si on quete un lift a chaque fois qu'un camion passe. Je lui dis que non, que l'asphalte qu'on nous a promis devrait arriver d'ici une vingtaine, un quinzaine, une dizaine de km. Le dernier camion qui nous a depassé s'arrete, le conducteur sort sa tete par la fenetre et nous offre un lift. Je sens que je vais avoir de difficulté a dire non a Joya cette fois-ci.

Joya met tout le poids de son sourire et de ses yeux doux pour me faire comprendre qu'elle souffre. Je sais qu'elle souffre, pas besoin d'yeux doux pour ca, c'est evident. Mais pas question qu'elle embarque seule dans un camion en plein milieu du desert. J'ai le choix entre la pousser a continuer a souffrir ou l'accompagner. Elle me dit que ce n'est pas un race day (si c'etait le cas, ce serait un 12h de penalite pour elle et moi, puisque nous sommes inscris a la course) Je lui explique que ce n'est pas la course qui m'enerve, mais bien ce truc de levees de fonds, et que je suis toujours EFI. Elle propose un compromis : on debarque du camion des qu'il y a de l'asphalte, ce qui devrait etre dans 5 km selon le conducteur. Interieurement j'ai aussi un combat avec moi-meme car c'est le genre d'experience que je voulais avoir en m'inscrivant dans ce tour, donc je me trouve un peu a cours d'arguments...

Apres 5-10 minutes de discussion, j'accepte de monter avec elle, et comme on est loin en arriere de tout le monde a cause de nos nombreux arrets, personne ne devrait nous voir, donc personne ne le saura. On grimpe les velos, on embarque, on fait quelques metres et qui n'arrive pas en pick-up? Duncan, le tour leader qui fait une tournee, pour la premiere fois du tour, juste pour voir si tout le monde est correct.

Bye bye le EFI. Dans une journee de reve pour moi, ou j'aurais pu faire la course tellement j'etais en forme. Je m'en suis voulu. Je me disais que j'aurais du la pousser, ou au pire attendre le sweep avec elle qui aurait appeler un camion, que ca ne vallait pas la peine de sacrifier des centaines de dollars pour les velos pour ca...

Ca m'a pris quelques jours avant de faire la paix avec moi-meme et de realiser que j'avais pris la bonne decision. Que mon defi, ce n'etait pas de m'obstiner a absolument tout faire a velo, quitte a mettre en danger une amie. Que je n'ai pas abandonné, que je sais sans le moindre doute que j'aurais fait ces 5-6 km que j'ai skippé sans aucun probleme.

Je me suis donc dit que je restais officieusement EFI, et que si c'etait le seul bout que je ne faisais pas, je serais aussi fier de moi que si je l'avais fait. Meme sans le bout de papier a la fin.

Reste vous, les donateurs, a decider si vous considerez cela comme avoir pris le camion ou pas, si vous doublez le montant ou pas. Je laisse cette decision a votre conscience...

Le blogue de TDA, revu et corrigé

En absence d'internet potable, je vous invite souvent a aller visiter le blogue de Tour d'Afrique. Chris, le scribe officiel, a une plume vraiment agréable (qui se relache un peu?), mais le blogue sert de pamphlet promotionnel pour les autres tours et pour les prochaines années. Il en resulte un positivisme hors borne et une escive des problemes de tous les jours.

Voici donc mon post qui pourrait aussi s'intituller : "Criss que ca va mal" (mon auto censure prend de plus en plus le bord...)

Traverser l'Afrique a velo, c'est beau, c'est excessivement beau. Mais traverser l'Afrique a velo c'est dur, excessivement dur.

L'Egypte c'etait pour les tapettes, avec les rues pavées, des ascensions dignes de la Montérégie et le vent dans le dos... la plupart du temps. La premiere journee fut horrible : les jambes encore inexperimentees, sans groupe avec qui jaser ou travailler en equipe contre le vent, et avec un vent de face de 50 km/h et plus! Une moyenne de 12-14 km/h, le cul qui envoie des signal au cerveau qu'il n'aime pas etre assis sur un siege pendant 12 heures, les jambes qui crient au meurtre, la patate qui bat la chamade, le moral qui n'est pas si eleve que ca en pensant au lendemain et aux 168 km qu'il y aura et l'etonnement d'avoir a porter une tuque et un manteau parce qu'il fait 5 degres la nuit! Au moins, le reste de l'egypte a ete plutot relaxe et nous a permis de se trouver un groupe, de se construire des jambes et un cardio pas si mal...

Le Soudan, il a fait excessivement froid, il a fait excessivement chaud. on est passé dans des banc de sable fou (comme de la neige folle, mais c'est du sable) ou les gens tombaient l'un apres l'autre sur le coté, n'etant pas capable de décliper. Certains ont manquer d'eau, certains ont eux des insolations, certains ont eu des coups de soleil (moi? jamais voyons!), certains n'avaient plus de sensations dans les doigts a cause du off road. Je suis de ceux-la bien sur, je ne suis pas mieux que personne, et je n'ai surtout pas de suspension. Les quatre derniers jours, on se dirigaient vers l'Est, avec le vent dans la face. Au moins on avait appris a travailler en equipe. Une fois on etait un pelleton de 16 personnes faisant des rotations aux 1-2 km pendant les 20-30 derniers km. Du beau boulot. En fait, il a fait surtout chaud, allant jusqu'a des 45 degres, a l'ombre...

L'Ethiopie, c'etait difficile. Point. Aucun qualificatif de plus ne pourrait bien demontrer a quel point c'etait difficile. 20 000 m de deniveller. Nous avons monter 3 fois et demi le Kili en 16 jours de velo. Bien sur, nous avons aussi descendu le meme nombre de metres, mais autant du downhill sur de l'asphalte c'est vraiment amusant, autant ce n'est pas le fun quand tu es sur une route en roches. Il a fait chaud, tres chaud, surtout au début et a la fin. La deuxieme journee en Ethiopie n'a pas ete completee par plus de la moitie des riders. 6e journee d'une serie ou il a constament fait plus de 40 degres, avec 4 jours avec le vent dans la face au Soudan, un jour de montees offroad, 108 km, offroad, 1300 metres de montees dans les 30 premiers km (donc une vitesse moyenne de 7-8 km/h en premiere vitesse), une chaleur suffoquante malgré les quelques nuages salvateurs et... des enfants. Tout le monde s'accorde pour dire que cette journee etait trop difficile.

On entendait parler des enfants ethiopiens depuis le debut du voyage. On s'etait fait lancer quelques roches en Egypte, causant un hématome ou deux, mais rien ne peut préparer a ca. Premierement, l'Ethiopie est un des pays les plus densement peuplés d'Afrique, donc il y a du monde partout, vraiment partout. Jamais nous n'avons pris une pause sans etre entourés par des gens dans les deux minutes qui suivent. Et la moitier de la population a moins de 16 ans. Et la maniere de discipliner tout ce beau monde, c'est de leur lancer des roches. Un adulte se penche et ramasse une roche et tout le monde degarpie. Les enfants apprenent sur leur bétail. Et quelques uns d'entre eux ont la desagreable habitude de lancer des roches aux etrangers. Ou de les fouetter. Ou de les voler pendant un coke stop. Ou d'essayer de voler dans leur sacoches pendant qu'ils roulent. Ou de les rouer de coups. Je n'ai pas d'explication. Je comprends et je ne comprends pas en meme temps.

Ceci dit, une roche quand tu descends a 50km/h, aussi petite soit-elle et aussi innocement lancée soit-elle, peut faire enormement de degats. Les hématomes, on ne les compte plus. Les blessures plus serieuses on les compte, mais si ca aurait continuer, on n'aurait plus eu assez de doigts pour le faire. Encore plus sérieux ce sont les enfants qui se garochent devant nous, pour nous faire peur, pour jouer, ou pour nous arreter. Ils ont reussi par deux fois a arreter des gens de notre groupe, malgré ces derniers...

Il y a donc eu de serieuses blessures. Pour ceux qui lisent mon blogue qui connaissent des gens dans le tour, sachez que les gens que je ne nommerai pas ici ont deja averti leurs proches, donc ce n'est probablement pas votre ami/parent/fils/soeur/conjoint...

Une s'est pratiquement s'est fait cassé le pied par une roche. Resultat : juste une grosse douleur.

Un a perdu le controle alors qu'il draftait un camion (se placer en arriere du camion pour profiter de l'aspiration a l'arriere de celui-ci pour aller vite, tres vite) dans la tranche superieure des 60 km/h. Resultat : un short et t-shirt de moins, et de la peau en moins, un peu de sang en moins et une intervention un peu humiliante de Duncan au Riders meeting (c'est illegal de faire du drafting).

Une s'est faite attaquer par un phychopate. Resultat : une cage thoracique qui a l'air de faire mal quand elle rit, beaucoup de peur, et un petit tour au poste de police ou tous les locaux ont ete vraiment concilliants sympatiques. De quoi regagner un peu de sympatie envers les Ethiopiens.

Une a frappé une enfant qui ne regardait pas ou elle allait. Resultat : Un genou et un coude en sang, et une foule de plus en plus nombreuse qui a eu l'effet de foule, soit de deformer l'histoire, de demander reparation pour la petite fille qui etait maintenant morte (elle n'a rien eu...), la police qui ne voulait pas laisser passer la personne, et 10$ pour acheter la paix.

Un a pris une serieuse debarque apres qu'un enfant se soit pitcher devant lui pour l'arreter. Resultat : Inconscience pendant 2-3 minutes, un mal d'epaule pendant une semaine, une bonne comotion cerebrale, et beaucoup de peur chez les gens qui l'on vu par terre, inconscient avec plein de rouge autour de sa tete (sa lumiere flashante accrochee apres son camelback), et une prise de conscience collective que le casque, c'est important, que ca sauve des vies.

Un descendait un downhill, prenait probablement des photos, donc une main sur le guidon, a 60-70 km/h, quand des speed bumps sont apparus. Resultat : Cash majeur, clavicule cassée et 4 a 6 semaines de repos forcé.

Pour ma part, je n'ai rien eu. J'ai du recevoir 2-3 roches, une seule alors que j'allais a une grande vitesse, pas de coups de baton, aucun accident. Je suis tombé une seule fois parce que je pensais a autre chose alors qu'on montait une cote a 7 km/h et je suis tombé sur l'accotement et j'ai rater mon rembarquement sur l'asphalte. Plus de dommage a mon ego que d'autre chose...

Donc voila, je crois que j'ai fait le tour d'un peu tout : Le vent, le off road, la temperature, les enfants, les enfants et les enfants, les blessures. Je vais surement en avoir plus a dire, notamment lorsque la pluie va commencer...

Les vacances

Comme vous le savez tous, Oh lecteurs assidus, nous ne traversons pas le Kenya en velo cette année. La décision fut prise lorsque la situation semblait hors de controle (et bien que les medias n'en parlent plus, je ne suis pas certain que les warlords sont rentrés chez eux quand CNN a quitté le pays...) et ca implique beaucoup trop de chose pour revenir en arriere.

De toute facon, tout les participants se sont organisés de petites vacances pour leurs mollets, moi inclus. La grande majorité des gens se sont dirigés vers Arusha pour faire l'ascension du Kili, ou pour faire un safari, l'autre moitié s'etant dirigé vers Zanzibar pour faire le bacon. Un petit groupe, dont moi, avons opté pour l'Ouganda...

Je suis dans ce magnifique pays luxuriant depuis trois jours, et je dois dire que j'aime bien. Mon expérience se limite a Kampala, qui est étonnement verte, propre, moderne et jolie, et Jinja, une ville a la source du Nil.

J'ai fait du rafting dans ledit Nil, avec des rapides niveau 5 (le plus haut niveau pour le rafting, 6 et 7 etant pour le Kayak) avec quelques amis du TDA. C'etait hautement plaisant (kossé ca c't'expression la?) malgré les quelques blessures subies par l'une de nous...

J'ecris en ce moment de Kampala, d'ou je vais me diriger a partir de demain vers un lac qui est parait-il tres cool. Mais cet arret n'est qu'un transit de luxe vers le Rwanda, ou je planifie me rendre pour faire du trecking dans le parc des volcans. Je vous laisse deviner ce qu'il y a dans ce parc...

Ensuite, je me dirigerai vers Kigali pour voir cette ville qui m'a ete si vantée et pour essayer de faire un devoir de memoire du génocide de 1994. Je ne resterai qu'une ou deux journées, ensuite je devrai me diriger le plus vite possible vers Arusha, Tanzanie, ou mon velo, ma tente et tout le reste devrait m'attendre.

Disons que mon cul ne s'ennuie pas trop de la selle de vélo en ce moment!

La mémoire est une faculté qui oublie

"Tiens ca monte.
Ha bien, ca monte encore.
Apres le tournant ca devrait descendre, ha ben non, ca monte encore.
Je commence a etre tanné de monter.
Le proverbe ne dit pas "tout ce qui monte redescend"?.
Je suis du pour un petit downhill, ca fait 3 heures que je montes.
La, sacrament, si c'est pas la derniere montée, je m'en retourne chez nous.
Criss... que... je... suis... tanné... de... monter.
Putain de merde, comment ca se fait que je ne suis pas capable de rejoindre John. Il marche calisse!
...
Yahooooooooooooooooooooooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuuuuu!!!
...
J'ai fait une pointe a 85 km/h, et toi?
C'etait vraiment cool comme journée!!"

lundi 25 février 2008

Pas de nouvelles...

Salut a tous et a toutes.
 
Je prends quelques minutes pour vous dire que je ne suis pas mort, que tout se passe bien et que pas de nouvelles = bonnes nouvelles!
 
En Ethiopie, internet est d'une lenteur épouvantable, ce qui fait que je me decourage tres rapidement et que je me limite a quelques courriels personnels lorsque je me connecte. J'ai plein de choses a raconter, mais en plus des courriels personnels, je me suis concentré sur une demande d'admission a l'université, ce qui a requis plusieurs heures de souffrance devant des écrans projetant "loading" et "check your internet connection" plus souvent que d'autre chose...
 
Je vais soit updater mon blogue comme il se doit lors de mon retour a Addis Ababa, dans 4-6 jours, ou lorsque je serai dans mes deux semaines de congé forcé que je passerai en Ouganda et au Rwanda, si le temps et mon compte de banque me le permettent. Ok, si le temps me le permet, j'ai arreté de consulter mon compte de banque voila quelques mois deja...
 
D'ici la, amusez-vous bien dans toute cette neige, moi je pars a la recherche d'un jus de mangue ou d'une creme glacée...

dimanche 3 février 2008

Quelques photos d'Egypte et du Soudan a vélo

Le Départ







Sur la route en Egypte

























Sur la route au Soudan























La vie dans le camp





















Quelques couchers/levers de soleil













Photos ramdom











Photos de monuments