J'ai maintenant 6 jours de velo et 765 km dans le corps, il en reste 90 et 11 200, respectivement. Voici a quoi ressemble mes journees.
6h00, alors qu'il fait encore un peu noir, trois grands coups de klaxon me tire de mon sommeil (tres agité depuis le debut du tour) apres 9 ou 10 heures bien meritees.
6h10, Je suis habillé, mon sac de couchage et mon matelas sont prets a etre rangés
6h20, ma tente en pliée, rangée dans la boite rouge, qui elle-meme attend maintenant sagement a cote du camion.
7h00, j'ai le ventre plein de porridge, de pita au beurre de peanuts et de faux nutella. Il ne reste qu'a s'assurer que les gourdes sont bien remplies, que les pneus ne nécessitent pas d'etre regonflés, que ma caméra est bien installée et que j'ai bien rangé mes gamelles et mon manteau (il fait entre 5 et 10 degres le matin) dans la boite rouge.
7h30, tout le monde de mon groupe est pret, on se lance sur la route pour quelques 100-150 km.
8h30, dans mon groupe, nous sommes environ 8. Environ non pas parce que mes capacités de calcul mental ont drastiquement regressées, mais bien parce que parfois des gens décident de le prendre plus molo (moi par exemple), ou que quelqu'un decide de nous suivre pour la journée. Nous nous arretons pour une pause environ a chaque heure. Les membres plus ou moins permanents du groupe sont Josh, Jo, Ashley, Kerry, Alex, Nathalia, moi-meme et un autre dont le nom m'echappe.
9h07, le camion de support klaxonne en nous depassant. Thumbs up, tout va bien!
10h-11h, nous rejoignons le camion du lunch, qui est entre 50 et 90 km, selon la distance totale du jour. On se lave les mains (c'est tres tres important, c'est Dr Luke qui le dit!), on se fait un sandwich de pita, tomate, thon, fromage etc. On le mange. On en refait un autre. On le mange. Puis vient le pita au faux nutella, puis l'orange. On rempli les gourdes. Et surtout, surtout, on donne un break a son cul... Une trentaine de minutes plus tard, on repart pour la deuxieme moitié du trajet.
12h24, le camion du lunch nous depasse, thumbs up, tout va toujours bien.
13h47, Nathalia a sa crevaison quotidienne, ou un accident, pour changer
14h30, on arrive au camp. Je transporte ma boite rouge en me maudissant d'avoir mis beaucoup trop de trucs dedans.
15h00, s'il n'y a pas trop de vent, ma tente est montée et j'ai presque l'air d'un civil. Si seulement j'avais mis mes shorts dans la boite au lieu de 4-5 livres, je ne serais pas encore en cuissards...
15h30, un petit bol de soupe ou un the pour se rechauffer, ca fait du bien. Est-ce que ca sera la meme histoire au Soudan et en Ethiopie?
16h00, Je jase avec les gens, Janet nous dit ce qui s'en vient le lendemain, car elle l'a fait l'an dernier, mais s'est blessée, donc le refait. J'essaie de cacher le fait que je ne connais pas le nom de plus de 10 personnes. Je dis a Olivier que je devrais ecrire mon journal moi aussi. Je regarde ma boite rouge en me disant que la repackter me sauverais de la pousser comme un defoncé pendant 10 minutes chaque matin pour la faire rentrer dans l'espace qui lui est alloué. Puis je continue a jaser, tout ca peut attendre.
18h00, Duncan, le tour leader, s'epoumonne en criant "riders meeting". Quand nous sommes tous la, il nous explique ce qui nous attend pour le lendemain, ou le camion sera, a quelle intersection tourner, nous explique pour une enieme fois comment ca se passera sur le bateau en direction du Soudan. Tout le monde ecoute, mais en fait, tout le monde a hate d'entendre le "bon appetit" qui cloture le meeting.
18h10, Bon appetit! Deux bols de riz/pates, avec plein de viande et des legumes verts ou une succulente salade, ca remplit son rider comme il faut.
19h15, "Ok guys, I'm going to bed. What? It's only 7h15? Well, guess I'm staying a little more." est une phrase que j'entends 2-3 fois a chaque soir, des fois de ma propre bouche...
20h00, tout le monde est couché, faut bien croire que je vais y aller moi aussi.
20h30, une grille de soduku, ou un chapitre plus tard, Morphée m'accueille dans son royaume, peuplé depuis une semaine de reves bizarres et de reveils impromptus.
Et on recommence!
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