mercredi 20 août 2008

La force de l'Allemagne

Sur notre chemin vers Livingston, nous avons eu à parcourir notre première vraie longue distance : 195 km! En plus, le terrain était relativement valloneux, sans être montagneux.
 
Depuis Lusaka, soit les deux jours précédents, Germany (Alex) faisait la course. Ayant un vélo de montagne avec pleine suspension, c'était sa dernière chance de faire de bons temps, puisque on nous annonçait que le reste du tour allait être très plat. Un vélo de montagne est un réel handicap sur des routes asphaltées, mais dans des rollers (vallons), la différence dû au vélo est beaucoup moins grande que sur le plat. De plus, Germany est un grimpeur, ce qui veut dire qu'il est capable de beaucoup de puissance dans les montées, mais qui a plus de difficulté à tenir le rythme à une vitesse élevée et steady pendant un long moment (je suis tout le contraire).
 
Il a donc fait la course pendant les deux premiers jours de cette section et il a fait de très bons temps, en finissant dans le top 5 les deux fois je crois. Cependant, il s'est TROP donné dans ces deux premiers jours, ce qui fait qu'il a été malade la 2e nuit et s'est levé blanc comme un drap le 3e jour, le jour du 195km. Germany et George étaient les deux derniers de notre groupe de neuf à être encore EFI et à avoir fait tout le trajet depuis le début. La course s'était bien, mais le EFI était plus important, donc Germany est revenu avec nous et notre rythme plus décent (30-32km/h de moyenne).
 
De notre côté, nous nous sommes tous rendus compte qu'en fait, 195km, c'est comme 100km ou 150km, c'est juste plus long, plus longtemps... Joya s'est même payée un sprint d'une dizaine de kilomètres à la fin de la journée! Du côté de Germany, il s'est placé à l'arrière de notre groupe et s'est fait couper le vent pas mal tout le long en faisant des shifts à l'avant plus court que la normale. Il ne parlait pas et regardait la roue en avant de lui. Pour quelqu'un en forme, ca représentait un long 195km de promenade à vélo avec un mal de cul à la fin, pour quelqu'un malade et affaibli physiquement, cela relevait de l'exploit!
 
J'ai été malade en Éthiopie et au Malawi, sur des distances relativement courtes quoique plus montagneuses. Mais faire 195 km de rollers, ça prenait toute une force de caractère. Il a même refusé que l'on monte sa tente pour lui. Chapeau Germany, ce n'est vraiment pas tout le monde qui aurait pu faire cela!

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