vendredi 8 août 2008

Retour à la normal, ou comment pédaler 8 heures par jour dans des conditions de merde

J'ai donc quitté Kigali pour aller rejoindre mon groupe de cyclistes à Arusha, Tanzanie. Trois jours, sept autobus, deux nuits dans des hotels des plus miteux (le deuxième était pas si pire, il y avait de l'électricité dans la toilette...) et un bon mal de cul plus tard, je me retrouve à Arusha, où m'attendent plein d'histoires de tous mes collègues de TDA, ma carte de crédit et BP et Hunter (qui m'ont accueillis en août dernier juste avant mon ascension du Kili). Je leur devais une bière pour leur accueil et j'en dois maintenant une deuxième à BP qui a fait du lobbying pour moi auprès d'Élise (notre amie commune) pour qu'elle m'accepte comme coloc à mon retour, ce qui est maintenant chose faite.
 
C'est donc le 16 mars que l'on reprend la route avec de nouveaux chauffeurs de camion, un nouveau staff de TDA (Randy), un nouveau cook et surtout plusieurs nouveaux participants. Certains de ces nouveaux feront tout le reste avec nous (une quinzaine) alors que le reste partiront dans deux ou troise semaines. Depuis le début du tour, le groupe était très stable. Une personne avait fait seulement Caire-Karthoum, et trois autres avaient faite Caire-Kenya, mais personne ne s'était joint à nous. De plus, des "sous-groupe" s'était formés et on pensait que ça allait être plutôt difficile pour les nouveaux de s'intégrer. Finalement, ce ne fut pas si pire que ça. Deux des nouveaux se sont en quelque sorte joints à notre sous-groupe et ça a apporté un peu de diversité.
 
On se dirige vers une série de six jours avant la prochaine pause, avec pour commencer par une journée d'asphalte suivi de cinq jours de hors-route. En Tanzanie, on nous promettait de la pluie. Beaucoup de pluie. Et la boue qui vient avec. Pendant ces six jours, on a eu des journées ensoleillée et excessivement chaude. On se croyait au Soudan avec nos 40 degrés et plus (à l'ombre bien sur...), mais avec moins de vent. Et le hors-route a failli avoir raison de mon vélo... et de ma patience!
 
J'avais eu quelques pépins avec mon vélo auparavant, principalement dû à du sable dans mes shifteurs aux poignées. Le tout s'était toujours réglé assez facilement. J'avais aussi eu 7-8 flats (en deux mois, ce n'est pas grand chose et j'étais dans la moyenne). Mais là, le sort s'acharnait sur moi : un pneu qui éclate, plus de dix flats en trois jours une quinzaine en tout, dont quatre dus au pneu éclaté, mon rim arrière (j'ai pas de rechange) qui menace de me lâcher à tout moment si je ne réduis pas considérablement ma vitesse selon Luc le mécano, ma poignée de freins qui se tord et j'en passe, le tout en cinq journées. De plus, j'avais reçu un email à Arusha qui m'avait fait déprimer un peu alors j'étais dans un état plutôt lamentable. Merci à Joya qui a su me remonter le moral en m'offrant de son précieux Gin et avec qui on a eu une belle soirée à jaser de nos problèmes respectif avec un peu trop d'alcool.
 
J'étais plus que content d'arriver à Iringa, où nous arrêtions le off-road pour quelques semaines. Encore plus heureux parce que cette journée j'avais décidé d'accélérer un peu la cadence (autant que mon rim le pouvait) et j'étais arrivé juste à temps pour monter ma tente avant que le ciel nous tombe sur la tête. Notre première pluie du tour (si on exclu l'heure où il a mouillassé pendant la nuit à Aswan). Les derniers à rentrer au camp ont eu un aperçu des jours à venir!

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